Pas de fleurs pendant des mois, pas de supermarché au coin de la ruche. Pour passer l’hiver, votre colonie doit avoir fait ses courses avant les premiers froids. Combien faut-il de miel ? Où est-il rangé ? Et comment savoir si le compte est bon sans ouvrir la ruche ?
Les abeilles n’hibernent pas. Tout l’hiver, elles restent actives, serrées en grappe autour de leur reine. Pour produire de la chaleur, elles font vibrer leurs muscles de vol sans bouger les ailes, un peu comme on grelotte. Et ce moteur tourne au miel.
Le miel qui reste dans le corps de ruche n’est jamais récolté. Jérôme ne prélève que le miel des hausses, le surplus. Les réserves d’hiver appartiennent aux abeilles.
Dans chaque cadre, les abeilles appliquent la même règle de rangement. Survolez le schéma pour isoler chaque zone :
Les apiculteurs ont une astuce simple : une surface de miel operculé grande comme une main, sur les deux faces du cadre, représente environ 500 g. Pour atteindre 15 kg, il faut donc… 30 mains de miel.
Ouvrir la ruche en automne refroidit la colonie et la dérange. Alors l’apiculteur la pèse. Si la balance affiche assez, le garde-manger est plein.
Si la ruche n’atteint pas son poids, l’apiculteur complète avec un sirop de sucre. Il faut le donner tôt, avant début octobre, tant que les abeilles peuvent encore le stocker et l’operculer.
Tant qu’il fait doux, les butineuses sortent encore. Voici les étals qu’elles fréquentent en fin de saison :
Selon l’étude INRA-ACTA-ITSAP de 2017, ces cultures intermédiaires fleuries et les haies voisines améliorent les réserves des abeilles et leur survie hivernale. Chaque fleur d’automne compte.
Avant les premiers froids, Jérôme fait le tour des ruches parrainées pour vérifier que chaque garde-manger est plein.
Il soulève l’arrière de la ruche ou la pèse avec un peson. Avec l’habitude, les bras deviennent une vraie balance.
Une Dadant 10 cadres prête pour l’hiver pèse 32 à 35 kg. En dessous, il faut agir.
Il donne un sirop moitié eau, moitié sucre, avant début octobre, pour laisser aux abeilles le temps de le ranger.
Plus tard, s’il le faut, un pain de sucre appelé candi prend le relais. Suite de l’histoire dans la série Hiver.
Cliquez sur chaque affirmation pour découvrir la réponse.
Elles restent actives en grappe et consomment leur miel pour produire de la chaleur.
C’est la règle de la main, bien pratique pour estimer les réserves d’un coup d’œil.
Le sirop se donne avant début octobre. Plus tard, les abeilles n’ont plus le temps de le stocker, on passe au candi.
Il fleurit de septembre à novembre et offre nectar et pollen quand le reste a fané.
L’objectif de réserves de miel, laissées aux abeilles pour l’hiver.
Le poids repère d’une Dadant 10 cadres prête pour l’hiver.
Le sirop, c’est avant. Ensuite, place au candi si besoin.
Sources : L’Abeille du Forez, « Pratique apicole : l’automne » ; Alaux et al., Scientific Reports 7:40568, 2017, présenté par INRAE ; FRGDS Auvergne-Rhône-Alpes, « Les abeilles d’hiver ».
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